Conclusion

Les armes chimiques ont donc été utilisées malgré  les traités. Ces derniers ont pourtant eu leur importance. Du côté des alliés les premières attaques chimiques ont été condamnées. Du côté des Allemands, beaucoup de militaires  étaient réticents à l’utilisation de telles armes. Les Allemands se sont justifiés par l’intermédiaire de leurs juristes. Ce qui montre qu’ils accordaient une importance aux traités. Mais leurs justifications étant peu crédibles, les traités ne sont plus apparus comme un frein à l’emploi des armes chimiques, qui s’est généralisé à partir de 1915.

Cela met en exergue la faiblesse du droit international qui en général repose sur la bonne volonté des nations. Les traités ultérieurs seront de plus en plus contraignants, mais il faudra attendre 1993 pour voir des traités qui comportent des contraintes de vérification au sein des pays.

La première Guerre Mondiale est souvent qualifiée de guerre industrielle. Elle est en effet concomitante au développement de l’industrie chimique qui a pris son essor au début de XXème siècle, notamment sous l’impulsion de Fritz Haber. Ce dernier est responsable de milliers de morts mais fut pourtant récompensé d’un prix Nobel de chimie en 1918, certes pour ses recherches sur la synthèse de l’ammoniac et non pour sa contribution au développement d’armes chimiques. En 1944 le prix Nobel récompensera de la même manière Otto Hahn pour sa mise en évidence expérimentale de la fission nucléaire qui ouvrait la voie aux armes atomiques.